Qu'y a-t-il de catholique dans les abus sexuels du clergé?

Publié le lundi 28 novembre 2016

Le jeudi 30 septembre 2016, j’ai assisté au séminaire «What is Catholic about the Clergy Sexual Abuse Crisis ?» donné par Robert Orsi à l’Université d’Ottawa. Bien que le sujet ai été profondément recherché dans la dernière décennie, ce que j’ai trouvé le plus particulièrement fascinant de la présentation de Mr. Orsi a été la nouvelle manière avec laquelle il présente le matériel du point de vue des survivants. De cette façon, il agit comme une voix pour eux, une voix qu’ils n’auraient pas la chance d’avoir autrement. Souvent, quand on entend parler des abus sexuels à l’église catholique, on entend presque  exclusivement parler des accusés eux-mêmes ou des scandales que l’église a tenté de camoufler. Il est très rare d’entendre parler des survivants, de leurs chemins vers la guérison, ou comment les terribles événements qu’ils ont dû vivre affectent leur nouvelle relation avec le catholicisme.

Pendant la présentation de son séminaire, Mr. Orsi nous a relaté l’histoire d’une femme victime d’abus sexuel de la part d’un prêtre. Cette femme a partagé son récit lors de leur rencontre dans un groupe de survivants à Chicago. Elle lui a décrit sa nouvelle relation avec l’église catholique en faisant un lien avec une scène du film «Le Magicien d’Oz», produit par Mervyn LeRoy en 1939. Vers la fin du film, Dorothée, le personnage principal, et ses amis Toto, l’épouvantail, le lion peureux etl’homme de fer parviennent enfin à rencontrer le Magicien d’Oz. Le magicien est, à première vue, un personnage impressionnant, magique, puissant et presque mystique pour les visiteurs. Tout cela change quand Toto, le chien de Dorothée, tire un rideau au fond de la pièce et révèle aux personnages que le magicien n’est rien d’autre qu’un homme qui opère une machine. Il n’est rien de plus que quelques effets spéciaux, un bon éclairage et une machine à vapeur. J’ai trouvé cette analogie particulièrement poignante parce qu’elle nous donne une perspective interne de ce qui se passe dans la tête d’une survivante en nous permettant de voir comment ces expériences traumatiques affectent profondément une personne de plusieurs façon, notamment spirituellement. Cette église qui était autrefois un impressionnant établissement de vérité, droiture et spiritualité, n’est maintenant rien de plus qu’un bâtiment dirigé par des hommes ordinaires qui commettent des péchés comme tout le monde.

J’ai trouvé que le ton de Mr. Orsi était très humain: Il a dédié deux ans de sa vie non seulement à exposer les cas d’abus sexuels dans l’église catholique, mais aussi à aider les survivants en les écoutant et en leur donnant la chance de s’exprimer publiquement. J’ai récemment visionné le film «Spotlight», dirigé par Tom McCarty en 2015, et bien que je l’aie trouvé extrêmement engageant et révélateur, j’ai trouvé qu’il manquait d’ampleur en ne s’attardant pas sur les survivants des ces actes terribles. Robert Orsi, de son côté, a fait l’opposé: Il a vu des hommes, des femmes et des enfants derrière ces scandales religieux et il leur a donné une voix.

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