Franco-ontarien par choix

Publié le lundi 25 septembre 2017

Le 25 septembre : jour des franco-ontariens et franco-ontariennes.  Journée de célébrations et de reconnaissance d’une communauté que je connaissais de loin, mais que j’ai appris à découvrir depuis que j’y ai été accueilli en 2008.  J’avais pourtant le choix : originaire du Québec, j’aurais pu m’installer à Gatineau.  Mais c’est à Ottawa que j’ai établi ma résidence.

 

Si la communauté franco-ontarienne est la communauté francophone la plus nombreuse hors-Québec, sa proportion de la population totale de l’Ontario reste stable à environ 4%, ce qui n’est pas beaucoup (lorsqu’on sait, par exemple, que le seuil minimal fixé par le gouvernement fédéral pour offrir des services publics dans sa langue officielle a été établi à 5% - mais c’est une autre histoire).

Si Étienne Brûlé, ce jeune français envoyé par Champlain s’ « ensauvager » en pays Huron, revenait parmi nous, il serait sans doute étonné de voir comment les francophones se sont répandus, tant sur le  territoire de la province que dans les sphères de la société.  Pour ma part, je suis toujours étonné et impressionné du dynamisme des francophones de l’Ontario.  Depuis mon arrivée j’ai eu la chance d’en rencontrer plusieurs et de travailler avec elles et eux pour le développement de divers dossiers.  Juste dans le domaine juridique que je connais un peu mieux, par exemple, tant la faculté de droit que l’association des juristes pilotent de concert avec d’autres partenaires des projets structurants qui rendent de fiers services, en français, à la population. Le drapeau vert et blanc flotte fièrement à bien des endroits.  Dans tous les secteurs – arts, politique, économie, société, droit – des personnes engagées et solides oeuvrent pour l’avancement de la communauté.  La loi sur les services en français est devenue l’équivalent ontarien de la loi sur les langues officielles du Canada.  Les conseils scolaires de langue française, de concert avec le ministère de l’Éducation, veillent à la formation de jeunes citoyennes et citoyens qui non seulement sauront lire, écrire et compter, mais pourront participer activement à la vie de la société.  L’Ontario vient de se joindre à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), aux côtés du Québec et de l’Acadie du Nouveau-Brunswick.  Le CRCCF que je dirige garde la mémoire d’acteurs de premier plan de cette communauté et par ses colloques et publications, diffuse la recherche à leur propos.

La diversité culturelle est aussi au rendez-vous : on le voit bien dans les grandes villes de la province mais ailleurs aussi, la communauté historique s’enrichit par l’accueil de nouvelles arrivantes et de nouveaux arrivants qui s’intègrent à un « nous » inclusif.  À preuve : né au Québec et ayant passé la majeure partie de ma carrière en Acadie, l’Ontario m’a intégré - elle m’a décerné l’Ordre de la Pléiade en 2016, une récompense donnée par l’Assemblée parlementaire de la francophonie, et on vient de m’accorder l’Ordre des francophones d’Amérique à titre de représentant de l’Ontario.

Je suis fier d’avoir choisi d’être franco-ontarien et d’y avoir été si chaleureusement accueilli.  Le 25 septembre, je fête avec vous tous et toutes! 

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