Remise du Prix du CRCCF à Gratien Allaire

Remise du Prix du CRCCF 2011

Présentation de Gratien Allaire

par Yves Frenette

30 mars 2011

Mesdames et Messieurs,

C'est un grand honneur et un grand plaisir de vous présenter le lauréat du Prix du CRCCF 2011, un lauréat qui démontre depuis trente-cinq ans un engagement sans faille envers la francophonie canadienne. Il y occupe une place telle qu'on n'a, dans divers milieux, qu'à évoquer son prénom, Gratien, le nom de famille devenant superflu.

Déménagé du Québec en Alberta au milieu des années 1970 pour enseigner l'histoire et les études canadiennes au Collège Saint-Jean (aujourd'hui le campus Saint-Jean) d'Edmonton, Gratien a quitté l'Ouest, vingt ans plus tard, pour Sudbury, où il a occupé diverses fonctions dans la haute administration de l'Université Laurentienne et la direction de l'Institut franco-ontarien, en plus de continuer à professer son enseignement et à effectuer ses recherches sur la francophonie canadienne. Spécialiste, à l'origine, des engagés de la traite des fourrures, il n'a pas hésité à ouvrir une série de chantiers de recherche sur les francophonies minoritaires (mouvement associatif, coopératisme, tournant des années 1960, histoire du théâtre, pratique de la langue française, santé, troisième âge, lieux de mémoire) pour répondre aux besoins de la communauté franco-albertaine et de la communauté franco-ontarienne. Cela a donné lieu à la publication d'une cinquantaine de chapitres de livre et d'articles de revue ainsi qu'à plusieurs rapports de recherche. À l'orée du xxi e siècle, il a en outre fait paraître un ouvrage de référence majeur intitulé La francophonie canadienne : portraits , dans lequel il a débroussaillé de nombreuses pistes de recherche. On lui doit notamment la notion de « francophonie du pourtour » pour désigner les communautés de langue française de Terre-Neuve et du Labrador, de la Colombie-Britannique, du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut. Et pendant quinze ans, il a été l'un des principaux animateurs du Réseau de la recherche sur la francophonie canadienne et de son séminaire d'été.

Autrement dit, dans un monde souvent fermé, où les recherches pointues constituent la norme, Gratien a fait figure d'exception en manifestant une volonté ferme d'ouverture à l'égard du milieu communautaire. Il a fait la même chose en tant que membre de la haute administration à la Laurentienne.

Et comme si ce n'était pas assez, il s'est impliqué directement dans divers organismes du Nord de l'Ontario et d'ailleurs : Université du troisième âge, Centre de santé communautaire, ACFO, Centre de l'enfant et de la famille, Club Richelieu, Centre d'accès aux soins communautaires, Librairie du Nouvel-Ontario, Forum sur la dualité linguistique, Salon du livre, Sommet des communautés francophones et acadiennes, Symposium sur les langues officielles, Assemblée de la francophonie de l'Ontario, et j'en passe.

Gratien Allaire mérite donc amplement de recevoir le Prix du CRCCF. En tant que professeur, chercheur, administrateur et citoyen engagé, il a contribué de façon marquée à l'épanouissement des communautés francophones. Comme d'autres avant et après lui, c'est un concours de circonstances qui a amené Gratien à quitter le plateau de la Matapédia pour la prairie albertaine. Fut-il resté dans son pays natal, il se serait imposé, j'en suis sûr, comme un chef régional dynamique. Ce que le Bas-Saint-Laurent a perdu s'est avéré être un gain pour la francophonie canadienne.

Enfin, si Gratien a pu tant accomplir, c'est parce qu'il avait à ses côtés une femme remarquable, Ginette, sa compagne de toujours qui a lui a montré un appui indéfectible pendant toute sa carrière. Nous te sommes très reconnaissants, Ginette, de nous avoir prêté Gratien pendant toutes ces années. Et nous comptons te l'emprunter encore à l'occasion.

Chers amis, applaudissons bien fort Gratien Allaire, lauréat du Prix du CRCCF 2011.

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