Projets de recherche au CRCCF

Afin de promouvoir la recherche sur le Canada français dans tous les domaines de la culture francophone au Canada et dans les Amériques, ainsi que des sciences humaines, le Centre fournit un soutien administratif à des projets d’envergure et de longue durée qui sont dirigés par des professeurs de l’Université d’Ottawa et financés par des organismes extérieurs. Il offre aux équipes de ces entreprises des locaux, des services de documentation, de gestion et de publication, ou toute autre assistance, dans la mesure de ses ressources.


Histoire de l’ACFEO-ACFO (2009- 2016)

Dépositaire des archives institutionnelles de la communauté franco-ontarienne, le CRCCF a lancé, en 2009, un projet de recherche et de publication de l’histoire de l’ACFEO-ACFO, organisme phare de l’Ontario français. Créée en 1910 pour défendre les droits linguistiques des Franco-Ontariens, l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario a peu à peu élargi son action à tous les domaines de la vie franco-ontarienne. Puis, dans la mouvance des multiples remises en question des années 1960, l’ACFEO a délaissé ses attaches clérico-conservatrices pour devenir, en 1969, l’Association canadienne-française de l’Ontario. Pendant 36 ans, l’ACFO s’est impliquée dans toutes les sphères de la société, y compris les domaines politiques et constitutionnels; mais au seuil du XXIe siècle, l’organisme a éprouvé des difficultés à composer avec la multiplicité institutionnelle franco-ontarienne et la diversité croissante de la population francophone de la province. En 2006, son histoire prenait fin, alors que l’ACFO laissait la place à l’AFO (Assemblée de la francophonie de l’Ontario).

Pour écrire cette histoire quasi centenaire, le CRCCF a demandé à Michel Bock et Yves Frenette, historiens à l’Université d’Ottawa, de réunir une équipe de chercheurs appartenant à trois générations d’intellectuels : Gratien Allaire et Gaétan Gervais, de l’Université Laurentienne; Serge Dupuis, de l’Université de Waterloo; Mariève Forest et Anne Gilbert, de l’Université d’Ottawa; et Marcel Martel, de l’Université York. Dans un premier temps, le CRCCF a organisé pour lancement du 100e anniversaire de l’ACFEO, en janvier 2010, une table ronde intitulée « Trois moments déterminants de l’histoire de l’ACFEO-ACFO-AFO ». Deux ans plus tard, soit le 8 mars 2012, les coauteurs de la monographie ont été invités à présenter le fruit de leurs recherches dans le cadre d’un Rendez-vous du CRCCF.

Le projet donne lieu à une publication majeure dans la Collection Amérique française, dirigée par Michel Bock, titulaire de la Chaire de recherche sur l’histoire et la francophonie canadienne rattachée au CRCCF. Divisée en six chapitres, l’ouvrage édité par le personnel du CRCCF paraîtra en 2016.

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Lucie Hotte, titulaire de la chaire de recherche sur la culture et les littératures francophones du Canada rattachée au CRCCF, coordonne la publication d’un ouvrage collectif d’envergure intitulé « Les littératures francophones minoritaires au Canada, 1763-2103 », qui sera publié dans la Collection « Archives des lettres canadiennes », une collection éditée par le CRCCF. Cet ouvrage issu d’un projet de recherche vise une publication en 2016.

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Joël Beddows, titulaire de la Chaire de recherche de la francophonie canadienne sur les pratiques culturelles, a contribué à produire Un Neurinome sur une balançoire d’Alain Doom, production du TNO et de la chaire, présenté aux zones théâtrales, et en tournée à Montréal, Sudbury et Toronto ; êtites bûches de Jean-Philippe Lehoux, production du théâtre de la vieille 17 et de la chaire, 30 représentations en tournée, dont zones théâtrales d’Ottawa, et Québec, Beloeil, Valleyfield  (production pour public enfant) ; Avant l’Archipel, création irréductible petit peupel de Québec e tla Chaire, présentée à Québec (public adolescent). A Force d’attendre, d’Alain Doom, est en développement dramaturgique.  Joël prépare aussi une chronologie des tournées des productions théâtrales franco-ontariennes.

Parmi ses publications récentes on compte Un neurinome sur une balançoire, et À tu et à moi de Sarah Migneron, aux éditions prises de parole.Il prépare Histoire et mémoire au théâtre : perspectives contemporaines, aux Presses de l’Université Laval.

Identité, altérité et éthique en littérature franco-ontarienne (2006-2009)

Dans le contexte de la mondialisation, une réflexion sur la place qu’occupent les notions d’identité et d’altérité dans la définition des littératures minoritaires s’impose. D’une part, il s’agit de cerner comment le discours critique définit la littérature et la chanson franco-ontarienne en relation avec les facteurs identitaires aussi bien dans son rapport à soi que dans son rapport à l’autre. Afin d’atteindre ce but, les chercheuses analyseront le discours critique sur la littérature franco-ontarienne en général et, surtout, les textes de Fernand Dorais et de François Paré. Elles étudieront également la représentation de soi et de l’autre dans une sélection de chansons et de textes littéraires franco-ontariens. La composante idéologique et politique des textes tant critiques que littéraires sera au cœur de l’analyse. Pour cette raison, les chercheuses feront appel à divers travaux en critique éthique. La question de l’altérité et, conséquemment, de l’identité est au cœur des débats contemporains. Elle s’avère d’autant plus pertinente, dans le cas des groupes et des littératures marginales qui sont à la merci de l’homogénéisation des cultures. Ce projet subventionné par le Conseil de recherche en sciences humaines (74 023 $) s’échelonne sur trois ans (de 2006 à 2009) et est administré par le CRCCF. Lucie Hotte de l’Université d’Ottawa en est la chercheuse principale et Johanne Melançon, de l’Université Laurentienne, la chercheuse associée.


Bibliographie BIBLIFO (2005-2006)

Sous la direction de Lucie Hotte, professeure au Département de français de l’Université d’Ottawa, le projet de bibliographie BIBLIFO rassemble des notices de livres, d’articles de périodiques ou de journaux et de documents audiovisuels portant sur la littérature franco-ontarienne en général et sur certains auteurs en particulier. Il vise à encourager et à faciliter la recherche sur la littérature franco-ontarienne. Durant l’année 2005-2006, les activités se sont poursuivies dans l’élaboration de la base de données BIBLIFO, qui est accessible sur le site Web du CRCCF. L’an prochain, la recherche bibliographique se poursuivra ainsi que la mise à jour de la base de données afin d’ajouter notamment les dernières parutions pour l’année 2005-2006. En outre, le nombre d’auteurs recensés aura augmenté. Les travaux sur la chanson franco-ontarienne seront également intégrés à la base de données à compter de l’an prochain.


Lettres et correspondances dans la diaspora canadienne-française, 1840-1970

Enfants de Charles Roger Daoust et d’Emma Montmarquet

Projet de recherche pluridisciplinaire (histoire, littérature et géographie), dirigé par Yves Frenette (Université d’Ottawa, CRCCF) et auquel collaborent Marcel Martel (Université York), Jean Morency (Université de Moncton) et John Willis (Musée canadien de la poste). Ce projet vise à produire une monographie sur la place des correspondances dans l’avènement et l’évolution des communautés de langue française, sur tout le continent. Il s’appuie en partie sur les ressources documentaires du CRCCF (subvention du Conseil de recherche en sciences humaines).

Enfants de Charles Roger Daoust et d’Emma Montmarquet, 30 octobre 1912. Première rangée : Esther, Jean-Charles. Deuxième rangée, Jeanne, Charlotte et Yvonne. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Famille Daoust (P78), Ph142-13. Le Fonds a été dépouillé dans le cadre du projet « Lettres et correspondances dans la diaspora canadienne-française, 1840-1970 ».

Vous pouvez consulter la présentation qui accompagnait la conférence de M. Yves Frenette , « Alma Drouin, épistolière, 1912-1918 » [, 475 KB], donnée dans le cadre du colloque « De l'Ancien au Nouveau Monde » organisé par l'équipe du projet Modéliser le changement : les voies du français, le mardi 12 décembre 2006, à l'Université d'Ottawa. Cette conférence porte sur une partie de la correspondance d'Alma Drouin, de Laconia, au New Hampshire, qui vécut au Québec entre 1912 et 1918, d'abord dans divers couvents des S œurs de l'Assomption, sur la rive sud du Saint-Laurent, puis comme pensionnaire à Montréal. Les 169 lettres reçues et envoyées par Alma pendant cette période, la plupart rédigées en anglais, permettent de pénétrer dans l'univers d'une famille franco-américaine du début du XXe siècle, tant dans son expérience de vie que dans ses représentations. Elles permettent aussi d'observer de l'intérieur la constitution d'un réseau épistolaire largement dominé par les femmes, réseau qui se maintiendra pendant 90 ans et qui donnera lieu à la rédaction de plus de 2 000 lettres.


Histoire de l’ACFEO-ACFO

Les invités du Congrès général de l'Association canadienne-française d'éducation d'Ontario

Les invités du Congrès général de l'Association canadienne-française d'éducation d'Ontario (ACFÉO), lors du banquet offert à l'hôtel Château Laurier, 14 octobre 1953. Paul Martin, ministre de la Santé et Bien-être du Canada; Louis-Pierre Cécile, ministre du Tourisme et de la Publicité de l'Ontario; Thibodeau Rinfret, juge en chef de la Cour suprême du Canada; Marie-Joseph Lemieux, o.p., archevêque d'Ottawa; Paul-Émile Cardinal Léger, archevêque de Montréal; Ernest C. Desormeaux, président général de l'ACFÉO et Lionel Chevrier, ministre des Transports du Canada. Photo : Champlain Marcil, Le Droit. Université d'Ottawa, CRCCF, Fonds Association canadienne-française de l'Ontario (C2), Ph2-10.

Dépositaire des archives institutionnelles de la communauté franco-ontarienne, le CRCCF a lancé, en 2009, un projet de recherche et de publication de l’histoire de l’ACFEO-ACFO, organisme phare de l’Ontario français. Créée en 1910 pour défendre les droits linguistiques des Franco-Ontariens, l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario a peu à peu élargi son action à tous les domaines de la vie franco-ontarienne. Puis, dans la mouvance des multiples remises en question des années 1960, l’ACFEO a délaissé ses attaches clérico-conservatrices pour devenir, en 1969, l’Association canadienne-française de l’Ontario. Pendant 36 ans, l’ACFO s’est impliquée dans toutes les sphères de la société, y compris les domaines politiques et constitutionnels; mais au seuil du XXIe siècle, l’organisme a éprouvé des difficultés à composer avec la multiplicité institutionnelle franco-ontarienne et la diversité croissante de la population francophone de la province. En 2006, son histoire prenait fin, alors que l’ACFO laissait la place à l’AFO (Assemblée de la francophonie de l’Ontario).

Pour écrire cette histoire quasi centenaire, le CRCCF a demandé à Michel Bock et Yves Frenette, historiens à l’Université d’Ottawa, de réunir une équipe de chercheurs appartenant à trois générations d’intellectuels : Gratien Allaire et Gaétan Gervais, de l’Université Laurentienne; Serge Dupuis, de l’Université de Waterloo; Mariève Forest et Anne Gilbert, de l’Université d’Ottawa; et Marcel Martel, de l’Université York.

William Davis, Premier ministre de l’Ontario
William Davis, Premier ministre de l’Ontario, lors d’une rencontre avec les représentants de l’ACFO à Queen’s Park. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds les Éditions l’Interligne (C86), Ph167-1270.

Dans un premier temps, le CRCCF a organisé pour lancement du 100e anniversaire de l’ACFEO, en janvier 2010, une table ronde intitulée « Trois moments déterminants de l’histoire de l’ACFEO-ACFO-AFO ». Deux ans plus tard, soit le 8 mars 2012, les coauteurs de la monographie ont été invités à présenter le fruit de leurs recherches dans le cadre d’un Rendez-vous du CRCCF.

Divisée en six chapitres, l’Histoire de l’ACFEO-ACFO paraîtra à la fin de l’année 2012.

Le Règlement XVII et le Québec : une exposition virtuelle

En 1912, le gouvernement ontarien adopte une mesure visant à restreindre l’usage du français et à faire de l’anglais la principale langue d’enseignement dans les écoles élémentaires fréquentées par les élèves franco-ontariens. Le Règlement XVII limite l’enseignement du français et son usage comme langue de communication aux deux premières années du primaire. Dès sa promulgation, les Franco-Ontariens s’organisent et livrent une lutte en faveur de leurs droits scolaires. Le Québec appuie le mouvement de résistance dirigé par l’Association canadienne-française d’éducation d’Ontario par divers moyens : collectes de fonds, pétitions, pressions politiques, interventions des marchands et des industriels. Plusieurs journaux québécois soutiennent la résistance des écoles franco-ontariennes au Règlement XVII, qui fait bientôt partie de la conscience collective des Québécois. En 1922, sous le pseudonyme Alonié de Lestres, Lionel Groulx publie L’appel de la race, roman situé dans le contexte du Règlement XVII. Dans le deuxième tome de L’enseignement français au Canada (1933), portant sur les écoles des minorités, l’abbé Groulx consacre certaines de ses plus belles pages à la résistance franco-ontarienne pendant la crise du Règlement XVII (CRCCF, Passeport).

Le projet vise à éclairer cette mobilisation historique des « frères » du Québec pour la francophonie canadienne, à l’aide d’une exposition virtuelle, lancée à l’occasion du 100e anniversaire de l’événement. Il se fera en quatre étapes : après la collecte d’informations dans les archives conservées au CRCCF, à Bibliothèque et Archives nationales du Québec et dans divers autres centres d’archives du Québec, la maquette de l’exposition et son contenu seront développés, produits et mis en ligne sur différents supports. Ce projet est réalisé par le CRCCF, en partenariat avec la Fondation Lionel-Groulx, sous la direction conjointe de Michel Bock, titulaire de la Chaire de recherche sur l’histoire de la francophonie canadienne de l’Université d’Ottawa, et de Martin Pâquet, titulaire de la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du nord (CEFAN) de l’Université Laval. Michel Lalonde, responsable des archives au CRCCF, participe au projet, qui est subventionné par le Secrétariat aux affaires gouvernementales canadiennes (SAIC) du gouvernement du Québec.

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