Chantier Ottawa

Volet Population - Démographie

« La population urbaine canadienne-française de l’Est ontarien était concentrée à Ottawa dans une proportion de plus de 70 % en 1850, de 56 % en 1871 et de 44 % en 1911. Au contraire, avant 1871, moins de 20 % des anglophones urbains y étaient rassemblés; quarante ans plus tard, ce pourcentage s’était élevé à 30 %. » – p. 20 de Ouellet, Fernand. 2004. « Disparités socio-économiques et culturelles à Ottawa en 1871 », Cahiers Charlevoix, n°6, Société Charlevoix et Prise de Parole : 15-97. « On dénombre à Ottawa 18 600 immigrants pour 135 600 natifs de langue française, soit une proportion de 12 % [...]. C’est à Ottawa où le poids des minorités visibles est le plus important, soit plus de 60 % des immigrants francophones. » – pp. 16 et 40 de Houle, René et Jean-Pierre Corbeil. 2010. Portrait statistique de la population immigrante de langue française à l’extérieur du Québec (1991 à 2006), Statistiques Canada, avril.

La perspective

Le volet Population-Démographie cherche à étudier de manière diachronique les caractéristiques démographiques de la population de langue française à Ottawa entre 1871 et 2006. En dressant le portrait de cette population sur la durée, ce pan de la recherche du Chantier Ottawa éclaire les travaux des autres volets.

Les projets

Le volet population du projet implique une équipe de chercheurs parmi lesquels une géographe (Luisa Veronis), un sociologue (Philippe Couton), un historien (Yves Frenette) et des assistants de recherche. Ils travaillent sur deux projets :

  • L’étude portée par Yves Frenette s’intéresse à la population francophone d’Ottawa entre le premier recensement canadien de 1871 et le début de la décennie de 1960, à la veille de la rénovation urbaine de la Basse-Ville Est, et vise à situer dans la moyenne durée ce grand bouleversement physique et humain. Pour ce faire, M. Frenette étudie l’évolution de la population francophone de la capitale du Canada tous les trente ans, soit en 1871, 1901, 1931 et 1961. Ces périodes correspondent à quatre générations de francophones à Ottawa entre la Confédération et l’avènement de l’ère qu’on peut qualifier de « franco-ontarienne ». Pour chacune des périodes, une analyse de la population francophone est effectuée sur deux échelles : l’agglomération urbaine d’Ottawa et la Basse-Ville. Pour les quatre années choisies, on cherche à faire ressortir les caractéristiques suivantes : nombre (origine ethnique et langue), pourcentage de la population totale, distribution, âge, statut matrimonial, religion et, quand cela est possible, occupations, langue, ainsi que logement. Les agrégés des recensements fédéraux de 1871, 1901, 1931 et 1961 constituent les sources principales de l’étude et sont complétés avec des ouvrages d’histoire locale.
  • Luisa Veronis et Philippe Couton se penchent sur Ottawa et sa grande région trans-provinciale. La région métropolitaine contient deux villes, chevauche deux provinces, et reflète, plus que tout autre endroit au Canada, la dualité culturelle et linguistique du pays. Les deux villes que sont Ottawa et Gatineau (jusqu’à récemment nommée Hull), forment une entité économique et sociale tissée de liens solides, mais sont aussi des reflets inversés de la réalité linguistique canadienne. Cette région a connu une importante transformation sociale et démographique depuis la fin des années 70, qui a affecté de manière dissimilaire les deux grands sous-ensembles urbains. La relative stabilité de la distribution linguistique entre 1981 et 2006 cache trois changements importants. Le premier est la rapide croissance démographique de la région, le deuxième le déclin relatif des francophones à Ottawa et la forte montée de la proportion d’allophones de part et d’autre de la frontière provinciale, le troisième la présence de plus en plus importante d’immigrants. Le nombre d’immigrant a doublé et le nombre d’immigrants francophones a presque triplé dans la région métropolitaine. L’impressionnante croissance d’immigrants francophones révèle une transformation marquée de la francophonie de la région. Il est clair, en particulier, que la croissance même modeste du nombre de francophones à Ottawa est très largement attribuable à cet apport migratoire. Sans immigration, le poids démographique des francophones dans la partie ontarienne de la capitale nationale (donc Ottawa sans Gatineau) aurait connu un déclin marqué. C’est sur cette nouvelle réalité de la francophonie de la région que se penchent les deux chercheurs, qui analysent les principales dimensions de la transformation migratoire qui continue de marquer la région, et en particulier sa composante francophone et s’intéressent aux rapports entre ces nouveaux arrivants francophones et la communauté franco-ontarienne établie à Ottawa.
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