Rencontres avec l’excellence

Découvrez le meilleur en enseignement et en recherche lors des Rencontres avec l’excellence de la Faculté des arts. Ces conférences sont gratuites et ouvertes au public.

Prix 2015

par Anne Gilbert, professeure, Département de géographie, environnement et géomatique
Vers trois solitudes? La géographie des langues dans la région de la capitale nationale

Anne Gilbert

Le mercredi 23 mars à 12 h
Pavillon Simard, pièce 125
La conférence sera en français. Un léger dîner sera servi.

La région de la capitale nationale constitue un des plus importants lieux de rencontre entre les francophones et les anglophones au Canada. Même si l’anglais domine nettement à Ottawa et que le français est la langue de la vie publique à Gatineau, les deux groupes ont des assises solides dans chacune des deux villes, où ils se croisent dans plusieurs quartiers, en milieu de travail, dans les commerces et autres lieux de la vie quotidienne. Et s’il y a un endroit au pays où il ne semble pas très opportun de parler de frontières entre francophones et anglophones, d’évoquer les « deux solitudes », c’est bien ici. Mais est-ce justifié de ne plus avoir recours à ce concept culte de l’analyse des relations entre les langues et les cultures au Canada, quand il s’agit de la capitale?
La géographie des langues révèle que les frontières historiques entre quartiers francophones et anglophones à Gatineau et à Ottawa sont encore bien visibles. Elle illustre aussi que depuis 20 vingt ans, l’immigration grandissante et l’ajout d’autres langues dans l’espace linguistique de la capitale, loin d’avoir gommé les « deux solitudes », les aurait auraient au contraire éloignées davantage l’une de l’autre. Les quartiers allophones qui ont commencé à se consolider dans la région ont en effet ceci de particulier qu’ils s’insèrentintercalent entre ceux des deux autres groupes pour y former ce qui ressemble de plus en plus à une 3e troisième solitude, du point de vue de la géographie.

La conférence sera livrée prononcée en français
Inscription : L'entrée est gratuite. Inscrivez-vous en ligne ou appelez le 613-562-5972 afin de réserver votre place

Prix 2014

Denis Lacelle, Département de géographie - Jeune chercheur de l'année 2014
« Les montagnes sont en train de fondre » : Le dégel de pergélisol à forte teneur en glace modifie les paysages et les systèmes fluviaux dans le nord-ouest du Canada. [en anglais]

Photo of Denis Lacelle

Mercredi, 11 mars à midi | SMD129 | RSVP

« Les montagnes sont en train de fondre » – Robert Alexei, résident de Fort McPherson
Les glissements régressifs dus au dégel constituent une forme dynamique de thermokarst et un important agent de changement géomorphologique dans les paysages pergélisolés à forte teneur en glace dans le nord-ouest du Canada. D’après les images de tendance linéaire de l’espace indiciel transformé, plus de 212 glissements dus au dégel ont été repérés dans les monts Richardson – région du plateau Peel –, dont 189 sont actifs depuis au moins 1985. La surface active des glissements varie de 0,4 à 52 ha, et 10 glissements couvrent plus de 20 ha – appelés mégaglissements. Les glissements dus au dégel dans cette région sont tous situés dans la zone la plus à l’ouest de la nappe glacière Laurentide. D’après les relations entre la distribution statistique des glissements et les facteurs du sol dans le paysage, les glissements se produisent plus fréquemment dans les moraines bosselées et ondulées à forte teneur en glace situées à des élévations de 300-350 m et de 450-500 m, ainsi que sur les versants orientés vers l’est (orientation de 15 à 180°) avec gradients de 8 à 12°. Les taux de régression moyens sur une période de 20 ans (1990-2010) pour 10 % des glissements actifs varient de 7,2 à 26,7 m/an-1, et les glissements les plus importants affichent les taux les plus élevés. À l’échelle régionale, les taux de régression des parois sur 20 ans se rapportent principalement aux versants, et les versants orientés au sud et à l’ouest affichent des taux de régression supérieurs. Les glissements importants semblent produire des réactions qui sont associées à des taux de progression  beaucoup supérieurs à ceux des petits glissements. En plus de modifier le paysage, les glissements dus au dégel ont un impact sur les milieux aquatiques, car ils libèrent dans les plans d’eau avoisinants d’énormes quantités de sédiments organiques et inorganiques auparavant gelés. Les mégaglissements peuvent entraîner 10-6 m3 de matériaux sur les pentes jusqu’au fond des vallées, reconfigurant la morphologie des pentes et des réseaux de drainage. Les perturbations de cette envergure comportent des conséquences considérables et durables sur la géomorphologie des déclivités et des cours d’eau ainsi que sur les écosystèmes en aval. L’analyse de la dimension spatiale de l’impact des glissements sur les écosystèmes fluviaux a révélé que c’est la surface active des glissements qui altère le plus la géochimie des ruisseaux, comparé au nombre ou à la densité des glissements dans une unité hydrologique. Les glissements uniques de vaste étendue (> 5 ha) modifient plus profondément la géochimie des ruisseaux que les groupes de petits glissements. Les glissements massifs peuvent modifier la géochimie de l’eau à un tel degré qu’elle est inhabitable pour les organismes dulcicoles. Dans l’ensemble, les conclusions présentées dans cette étude donnent un aperçu des paysages et écosystèmes fragiles qui peuvent être touchés par la présence et la progression des glissements dus au dégel dans l’une des régions de l’Arctique dont le réchauffement est le plus rapide.

Juana Muñoz-Liceras, Département des langues et littératures modernes - Professeure de l'année 2014
Mercredi, 26 novembre 2014 à midi, SMD129 - RSVP en ligne

Les données expérimentales sur l'alternance de code offrent une perspective unique sur la représentation du lexique mental de l’individu bilingue. Le genre grammatical est une propriété inhérente aux noms en français et en espagnol, mais pas en anglais (la maison/la casa/the house – le livre/el libro/the book). Par le biais de ce phénomène, nous démontrons que le locuteur bilingue a recours au genre grammatical du nom correspondant dans sa langue dominante lorsqu’il assigne un genre aux noms dans sa deuxième langue, même quand celle-ci ne possède pas cette catégorie grammaticale (autrement dit, il adhère au ‘critère analogique’). Ainsi, l'individu bilingue espagnol-anglais dont la langue dominante est l'espagnol respectera ce critère (la house, el book, the house es roja, the book es rojo); par contre, le choix du locuteur dont la langue dominante est l'anglais dépendra du type de construction (la house, plutôt que the house is rojaou de la tâche à accomplir (interprétation ou production). Nous soutenons que ce comportement est déterminé par des facteurs de sélection lexicale et de valuation des traits.

Jan Grabowski, Département d’histoire - Professeur de l’année 2014
« La solitude des victimes : Allemands, témoins et catalyseurs locaux de l’Holocauste. » (en anglais)
Mercredi, 29 octobre 2014

Photo of Grabowski

L’étude de la Shoah s’est concentrée principalement sur les crimes commis par les Allemands ainsi que sur les victimes, les Juifs. Le troisième groupe, appelé « les témoins » a occupé de très peu de place dans les analyses historiques. Toutefois, au fil du temps, la question de la présumée impartialité de ces témoins a été remise en question, soulevant une réflexion quant à l’impact direct qu’ils ont pu avoir sur le sort des Juifs européens. Dans cette optique, l’assistance paneuropéenne  dans la Shoah suscite de nouvelles et perturbantes questions relatives à notre compréhension de l’une des plus grandes tragédies de l’histoire. 

Prix 2013

Mitia Rioux-Beaulne, Département de philosophie - jeune chercheur de l’année 2013
« La science a-t-elle besoin d’un miroir ? Considérations sur la naissance de l’histoire des sciences au 18e siècle. »

Photo of Mitia Rioux-Beaulne



En 1700, Bernard de Fontenelle est nommé secrétaire perpétuel de l’Académie royale des sciences et se voit confier la tâche d’écrire l’Histoire raisonnée de l’Académie royale des sciences. En un sens, c’est là l’acte de naissance d’une discipline qui a aujourd’hui une légitimité institutionnelle indubitable : l’histoire des sciences.

Dans cette conférence, Professeur Rioux-Beaulne se penchera sur cet acte de naissance pour essayer de comprendre à quel programme théorique il correspond, quelles visées politiques il sert et comment Fontenelle lui donne un statut philosophique particulier en l’inscrivant dans un dispositif rhétorique bien précis.

Faire l’histoire des sciences, ce n’est pas, pour Fontenelle, simplement raconter des découvertes passées pour satisfaire une curiosité d’antiquaire, mais bien plutôt mettre en scène la science en train de se faire pour, d’une part, faire circuler le savoir au sein du public et, d’autre part, permettre à la science elle-même de réfléchir sur ses pratiques, ses normes et ses méthodes.

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