(Re)lire le Cycle du Survenant de Germaine Guèvremont

CRSH

Chercheur principal : David Décarie , U. de Moncton
Cochercheurs Lucie Joubert et Marcel Olscamp
Cochercheure : Lori Saint-Martin, UQAM

Écrivaine majeure de la littérature québécoise et canadienne, Germaine Guèvremont (1893-1968) est l'auteure du Cycle du Survenant (un recueil de nouvelles publié en 1942, En pleine terre, qui fut suivi de deux romans : Le Survenant, paru en 1945, et Marie-Didace, en 1947). Guèvremont a adapté et poursuivi ses romans à la radio et à la télévision, et ces séries, par leur immense popularité, ont largement contribué à transformer le Survenant en véritable mythe national.

Le radioroman Le Survenant (CBF 1953-1955) et le téléroman du même nom (CBFT 1954-1957) constituent davantage que de simples adaptations : ils contiennent en effet des intrigues et des personnages entièrement inédits. Les œuvres télévisuelles présentent un intérêt encore plus grand puisque la matière d’un troisième roman que prévoyait écrire l’auteure a finalement donné lieu aux deux dernières séries télévisuelles (Marie-Didace et Le Survenant, CBFT 1958-1960). L’auteure présente, dans ces séries, une nouvelle génération de personnages, notamment l’unique descendante des Beauchemin, Marie-Didace. Le Survenant lui-même, ancien combattant vieilli, revient dans la dernière série pour sceller le destin des Beauchemin. Or, le titre de notre projet le souligne, le Cycle de Guèvremont n’a jamais été lu dans sa totalité puisque le vaste corpus des textes radiophoniques et télévisuels était difficilement accessible.

La récente acquisition par Bibliothèque et Archives Canada des archives personnelles de Guèvremont permettra d'avoir accès à ces textes dans leur quasi-entièreté. Notre équipe de recherche se propose donc d’étudier, pour la première fois, le Cycle du Survenant dans sa totalité en privilégiant deux axes de recherche.

Nous étudierons d’abord la multiplicité des genres ainsi que leurs interrelations complexes. En élaborant une poétique des genres chez Guèvremont, nous serons à même de mieux saisir les enjeux de cette variété générique. D’autre part, les parties inédites du Cycle surprennent par leur contenu résolument féministe et cette nouvelle matière donnera lieu à une relecture du féminin chez l’auteure.

Nous comptons également innover dans le domaine de la textologie en publiant, dans le cadre d’une collection appelée « Cahiers G. Guèvremont », des éditions critiques des trois premières saisons du téléroman Le Survenant. Nos travaux de recherche et d’édition se feront conjointement et se nourriront mutuellement.

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