Maurice Maeterlinck: trajectoire d’un médiateur interculturel (1886-1914)

CRSH

Chercheur : Rainier Grutman

Le Belge Maurice Maeterlinck (1862-1949), prix Nobel de littérature en 1911, a joué un rôle remarqué de médiateur interculturel entre ce que Madame de Staël avait appelé l'Europe du Nord et celle du Midi. Pour ce Flamand francophone mais diglotte, le dialecte du peuple était un tremplin vers le néerlandais standard, l’allemand et l’anglais. Grâce aux lectures qu’il pouvait faire dans toutes ces langues sans devoir attendre les traductions françaises, Maeterlinck sut doter son œuvre «d’une originalité certaine, d’une nouveauté si vraiment neuve qu’elle déconcertera longtemps encore » (Remy de Gourmont). Ce cheminement cosmopolite sera mis en rapport avec la trajectoire institutionnelle de Maeterlinck d’une part, avec ses interventions discursives de type interculturel d’autre part. Parmi ces dernières, il faut mettre à part ses traductions (du mystique flamand Jan van Ruusbroec, du romantique allemand Novalis, des élisabéthains Shakespeare et John Ford, puis des préraphaélites Dante Gabriel Rossetti et A.C. Swinburne); elles se trouvent au centre de ce projet combinant la sociologie des agents inspirée de Bourdieu avec l’analyse des textes et du discours qui les accompagne.

 

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