Le discours négro-africain et la crise de la modernité. À la recherche d’un nouvel humanisme post-continental

CRSH

Chercheur : Kasereka Kavwahirehi

Le projet vise à montrer comment les textes fondateurs du discours négro-africain du vingtième siècle, spécialement ceux de la Négritude, restent d’actualité quand on les aborde comme une réponse critique au « discours philosophique de la modernité », laquelle était présentée comme un projet humaniste d’émancipation par la force de la raison critique et la science. En effet, en partant de la face sombre de la modernité (esclavage, colonisation, violence raciale, massacres et génocides des indigènes) souvent oubliée par ses défenseurs, les intellectuels négro-africains de la première heure (Césaire, Damas, Senghor, Fanon, etc.), bien formés dans le moule de l’universalisme français, on procédé à une critique sans complaisance de l’universalisme et de l’humanisme abstraits de la modernité. En revendiquant la diversité/ pluralité du monde/des civilisations, ces auteurs, bien souvent marginalisés par les historiens des idées du vingtième siècle, ont très tôt posé la possibilité de redéfinir et de ré-conceptualiser, à partir des histoires/mémoires particulières ou des rationalités locales, les valeurs européennes dites universelles, et proposer un nouvel humanisme, qui est un humanisme de la relation comme dirait Edouard Glissant ou de la convivialité des cultures, des races, selon le mot de Paul Gilroy.  Un dialogue entre les critiques eurocentriques  de la modernité (par ex. École de Francfort, Levinas, etc.) et les critiques des Négro-africains de la période située entre 1920 et 1960 est alors susceptible de donner lieu à une saisie plus complète des contradictions de la modernité comme projet humaniste et à l’appréciation du projet de « Renaissance du monde » comme remontée commune en humanité  proposée par A. Césaire, F. Fanon, L. S. Senghor, etc.

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