La commission d’étude de l’Association des écoles secondaires privées franco-ontariennes à Ottawa

En 1966, l’Association des écoles secondaires privées franco-ontariennes (AESPFO) met sur pied une commission d’étude afin d’enquêter sur la situation des écoles secondaires catholiques bilingues privées en Ontario. La commission est placée sous la présidence du frère Omer Deslauriers, é.c., directeur de l’Académie De La Salle d’Ottawa et président de l’AESPFO. Pour s’acquitter de son mandat, Deslauriers s’entoure d’une équipe composée de neuf membres représentant les principales congrégations religieuses enseignantes de l’Ontario français. Les congrégations religieuses enseignantes d’Ottawa siégeant à la commission sont représentées par le père Rosaire Cloutier, o.m.i., de l’École secondaire de l’Université d’Ottawa, sœur Hectorine Frenette, c.n.d., de l’école secondaire Notre-Dame d’Ottawa, sœur Louis-de-Gonzague, s.s.m.n, de l’école secondaire Notre-Dame-du-Bon-Conseil d’Ottawa, et finalement sœur Roger-de-la-Providence, f.d.i.s., du Pensionnat Notre-Dame-de-Lourdes d’Ottawa.

La commission dépose son mémoire final en décembre 1966. Intitulé Les Écoles secondaires privées franco-ontariennes, le mémoire révèle ainsi « l’impossibilité [pour les congrégations religieuses] de maintenir les écoles secondaires catholiques privées » en Ontario (Lang, 2003 : 219). Les commissaires constatent aussi des avantages à la polyvalence des programmes offerts dans les high schools publics. Selon les commissaires, les institutions d’enseignement au niveau secondaire doivent assurer la gratuité scolaire et la scolarisation universelle à tous les Franco-Ontariens. Le mémoire de l’AESPFO propose au clergé catholique franco-ontarien de viser « l’obtention du droit à l’enseignement secondaire en français, soit dans des écoles publiques françaises homogènes, soit dans des écoles privées associées au système public » (Lang, 2003 : 219-220). Il s’oppose, cependant, à la création d’écoles secondaires publiques bilingues.

En somme, le mémoire de l’AESPFO « recommande à l’ACFEO d’associer les écoles secondaires catholiques privées dans ses démarches concernant l’établissement d’un système d’écoles secondaires publiques franco-ontariennes » (Lang, 2013 : 220). Les dirigeants des écoles secondaires catholiques privées acceptent les recommandations des commissaires et approuvent la création d’écoles secondaires publiques de langue française dans l’éventualité où il serait impossible, pour l’Ontario, d’instaurer des écoles secondaires confessionnelles financées par les fonds publics.

En 1966, les Fédérations des associations de parents et instituteurs (FAPI), les Associations de parents et instituteurs d’Ottawa (API) et l’Association de la jeunesse franco-ontarienne (AJFO) se prononcent en faveur des écoles secondaires publiques de langue française, tout en exigeant des garanties de confessionnalité. La plupart des associations franco-ontariennes d’Ottawa optent pour les écoles secondaires publiques de langue française, exception faite, toutefois, du journal Le Droit et de l’ACFEO.

Quant aux API des régions du nord de l’Ontario, elles tiennent mordicus au Plan de Timmins. Le Plan de Timmins prône « un système d’écoles catholiques sous la juridiction des conseils scolaires séparés […] » (Lang, 2003 : 216).

Des tensions apparaissent alors en Ontario français entre les promoteurs d’un système scolaire public et les défenseurs d’un réseau scolaire catholique. Certains prônent plutôt des écoles secondaires de langue française et d’autres la création d’écoles secondaires bilingues. Devant ce contentieux, l’ACFEO convoque un congrès général « spécial » le 17 février 1967 au Château Laurier d’Ottawa afin de trouver un terrain d’entente sur l’avenir des écoles secondaires franco-ontariennes.

 

Présentation du mémoire portant sur la fondation de l’Association des écoles secondaires privées franco-ontariennes (AESPFO), avril 1965. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Association des écoles secondaires privées franco-ontariennes (C10-1-2-A-1 et C10-1-2-A-2).

 

________________________________________________________________________

Bibliographie

Archives

Université d’Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française,

Fonds Association des écoles secondaires privées franco-ontariennes (C10).

Livre et articles

Bock, Michel (2010). « De la ‘‘tradition’’ à la ‘‘participation’’ : les années 1960 et les mouvements de jeunesse franco-ontariens », Cahiers Charlevoix, no 8, Ottawa, La Société Charlevoix, Les Presses de l’Université d’Ottawa, p. 111-196.

Bock, Michel (2012). « “Jeter les bases d’une 'politique franco-ontarienne'’’ : le Comité franco-ontarien d’enquête culturelle à l’heure des grandes ruptures (1967-1970) », Cahiers Charlevoix, no 9, Ottawa, La Société Charlevoix et Les Presses de l’Université d’Ottawa, p. 61-106.

LANG, Stéphane (2003). La communauté franco-ontarienne et l’enseignement secondaire (1910-1968), thèse de doctorat (histoire), Ottawa, Université d’Ottawa.

Haut de page