Jacques Legendre

Jacques Legendre est né en 1943 dans la région du Témiscamingue, au Québec. Après avoir également vécu à North Bay et Kirkland Lake, en Ontario, il s’établit à Ottawa en 1955, à l’âge de 12 ans. Après l’obtention d’un doctorat en physique de l’Université McGill, il travaille de 1968 à 1991 au Conseil national de recherches du Canada (CNRC) en tant que chercheur dans le domaine de la fibre optique. De 1991 à 2010, il est conseiller municipal. Il prend sa retraite en 2010. En 2012, il obtient la Médaille du jubilé de la reine.

Selon lui, ses plus grandes réalisations sont « l’obtention d’un centre communautaire multifonctionnel pour son quartier (le Complexe Saint-Laurent), l’adoption, en 1994, d’une politique sur le bilinguisme à la Ville d’Ottawa » (Gratton, 2010) et son application dans la nouvelle ville fusionnée d’Ottawa. Tout au long de ses mandats, Jacques Legendre a lutté en faveur de l’institutionnalisation de la politique de bilinguisme et son application dans tous les services de la Ville. L’une de ses premières revendications concerne l’augmentation du nombre de directeurs au conseil d’administration de la Bibliothèque publique d’Ottawa pour y inclure davantage de représentants de la communauté francophone. Le Conseil municipal se réunit sur la proposition du conseiller Legendre le 6 octobre 1993 et adopte une résolution qui fait passer de 9 à 11 le nombre de directeurs (Ville d’Ottawa, 1993).

Durant la même période, en février 1992, sur la proposition du conseiller Legendre, le Conseil municipal décide d’exiger des commissaires de chaque service qu’ils s’engagent à appliquer en totalité l’article R.16 de la politique sur les langues officielles (« […] que les unités de travail dont la fonction première est de servir le public possèdent un personnel en totalité ou en grande partie bilingue) » (Ville d’Ottawa, 1992). Il se bat également durant les années 2000 pour que la nouvelle ville fusionnée ait le statut de Ville bilingue. La proposition mise de l’avant vise à reconduire en grande partie la politique de l’ancienne municipalité d’Ottawa et à s’assurer que les employés unilingues travaillant déjà pour la Ville ne soient pas congédiés. Jacques Legendre a indiqué qu’il fallait « faire simplement ce qui fonctionne bien de toute évidence » (Wheeler, 2001).

Il appuie et joue un rôle prédominant dans la demande du Conseil municipal de modifier la loi de la province pour qu’Ottawa obtienne un statut de Ville bilingue. Cette résolution du Conseil municipal est la suivante :

Que l’on demande à la province de l’Ontario de modifier la Loi de 1999 sur la cité d’Ottawa afin d’exiger que l’administration de la Ville d’Ottawa et la prestation des services municipaux à la population se fassent en français et en anglais, conformément à la politique de bilinguisme (adoptée par le Conseil municipal) (Ville d’Ottawa, 2001).

Le bilinguisme des hauts gestionnaires (niveaux 1 à 3) fait partie de ses revendications pour la ville fusionnée. Selon lui, les citoyens de la nouvelle ville ont le droit d’avoir des réponses des hauts dirigeants (par exemple : chef des pompiers, chef de police) dans la langue officielle de leur choix. Cela ne vise pas les gestionnaires de niveau inférieur qui ont peu de contact avec le public (McHardie, 1994; Ville d’Ottawa-Carleton, 1994). Lors d’une polémique sur la difficulté de recruter des gestionnaires de haute direction bilingues en 2009, M. Legendre a affiché son désaccord avec la position de la conseillère Jan Harder, qui qualifiait cette politique de contre-productive. Depuis les années 2000, il dénonce systématiquement l’embauche de personnes unilingues anglophones dans les postes de haute gestion (par exemple : embauche d’un chef de pompiers unilingue en 2009).


Sources

Gratton, Denis (2010). « La grande entrevue : le nouvel emploi de Jacques Legendre », Le Droit, 2 octobre, p. 8.

McHardie, Daniel (1994). « Language an Issue in Rideau-Rockcliffe Debate: Legendre Wants Bilingual Senior Bureaucrats », The Ottawa Citizen, 9 novembre, p. B2.

The Ottawa Citizen (1994). « Who would make the Best Regional Councillors? The Citizen Recommends: THE REGION: OTTAWA », The Ottawa Citizen, 9 novembre, p. A12.

Ville d’Ottawa (1992). Minutes Conseil municipal, Ottawa, décembre 1991-novembre 1992, 19 février, p. 7-176.

Ville d’Ottawa (1993). Minutes Conseil municipal, Ottawa, décembre 1992-novembre 1993, 6 octobre, p. 24-75 à 24-91.

Ville d’Ottawa (2001). Minutes Conseil municipal, Ottawa, 9 mai, [En ligne], [http://ottawa.ca/calendar/ottawa/citycouncil/occ/2001/05-09/11minutes9May%20French.htm].

Ville d’Ottawa-Carleton (1994). Minutes Conseil municipal, Ottawa, ACS1994/0301-009 CS1A0019, 20 avril.

Wheeler, Carolynne (2001). « Bilingualism debate expected to be heated », The Ottawa Citizen, 1er mai, p. C3, C5.

Haut de page