Théâtre Action

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Théâtre Action (TA) est un organisme qui « œuvre au développement, au rayonnement et à la reconnaissance du théâtre franco-ontarien » (TA en Bref, [s.d.]). Fondé en 1972 à Sudbury, l'organisme s'est établi à Vanier la même année.

À l'été 1971, lors d'une rencontre de Theatre Ontario qui se déroule à Geneva Park, huit participants francophones prennent conscience de leurs intérêts communs et refusent de participer aux ateliers offerts exclusivement en anglais. Pierre Bélanger, Richard Casavant, Luc Clouâtre, Denis Courville, Jacqueline Martin, Sr. Micheline Poirier, Jeanne Sabourin et Nicole Tessier forment alors le groupe de discussion L'Arc-en-ciel (Beddows et Mercier, 2007 : 12). Il s'agit d'une occasion pour des animateurs culturels de tracer un premier bilan de l'activité théâtrale de langue française en Ontario. Le rapport Beaulne, commandé par ce groupe devenu un comité ad hoc, met en évidence, un an plus tard, le retard des Franco-Ontariens par rapport aux troupes anglophones et québécoises et souligne la nécessité de créer un organisme de développement pour stimuler l'activité théâtrale sur l'ensemble du territoire.

L'année suivante, lors de son assemblée de fondation les 5, 6 et 7 mai 1972 à l'Université Laurentienne, une première programmation comprenant un service de formation en art dramatique et en animation communautaire est adoptée, laissant ainsi en plan le développement des pratiques professionnelles, et ce, malgré la quasi absence de structures professionnelles en place : le Théâtre du Nouvel-Ontario n'existe que depuis un an et le Théâtre des Lutins en est à ses premiers balbutiements en tant que structure autonome du Centre national des Arts. En fait, l'« actionsocioculturelle » est la voie privilégiée par Théâtre Action jusqu'en 1985. Par la suite, les priorités de l'organisme se transforment : le « théâtre en tant que pratique » occupe désormais une place prépondérante puisque, dans les compagnies maintenant actives, le théâtre dit « pauvre », inspiré des mouvements de la contre-culture des années 1960 et 1970, est délaissé au profit d'expressions artistiques plus personnelles. Même si l'animation et la formation demeurent les fers de lance de Théâtre Action à ce jour, c'est grâce à ce changement de vision et au soutien apporté par Théâtre Action que les compagnies théâtrales ont réussi à professionnaliser l'administration de leurs activités.

Ainsi, la création d'un organisme provincial d'aide au développement du théâtre franco-ontarien a grandement contribué à sa définition et à sa professionnalisation. Théâtre Action a tracé les premières frontières institutionnelles de l'Ontario français en cherchant « à rallier l'ensemble des praticiens et des compagnies théâtrales de langue française en Ontario, et en excluant ceux et celles du Québec et des autres provinces canadiennes » (Beddows et Mercier, 2007 : 13). L'organisme a contribué à l'émergence d'une véritable pratique théâtrale franco-ontarienne à Ottawa en organisant, entre autres, les premières tournées provinciales du Théâtre d'la Corvée et du Théâtre de la Vieille 17. En 1978, Théâtre Action a fondé la revue Liaison pour combler l'absence de critique professionnelle. Depuis 1974, l'organisme a organisé des festivals provinciaux de théâtre, qui se sont spécialisés au fil des ans et qui sont aujourd'hui devenus des festivals de théâtre communautaire (amateur) ou scolaire.


SOURCES

BEDDOWS, Joël, et Amélie MERCIER (2007). Les 35 premières années de Théâtre Action, Ottawa, Théâtre Action, 72 p.

TA en Bref : profil ([s.d.]). Sur le site Théâtre Action, [www.theatreaction.ca/] (15 juillet 2013).

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