Le Théâtre de la Vieille 17

En septembre 1979, peu de temps après le Festival provincial de Théâtre Action tenu à Rockland, Robert Bellefeuille, Roch Castonguay, Jean Marc Dalpé et Dominique Martel fondent le Théâtre de la Vieille 17.

D’abord une troupe, le Théâtre de la Vieille 17 (la Vieille 17) naît dans la foulée de l’effervescence culturelle franco-ontarienne des années 1970. Ses fondateurs s’inspirent  d’un modèle d’abord développé à Sudbury par les animateurs du Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) fondé en 1971 et repris, dès 1975, à Vanier, par le Théâtre d’la Corvée, soit celui d’un théâtre identitaire et communautaire, de création collective et de tournée.

Selon Dalpé, la Vieille 17 cherche à répondre à un besoin criant, celui d’assurer la présence d’une activité théâtrale dans l’ensemble de l’Est ontarien, en offrant des spectacles de création. Elle souhaite également servir de ressource à tous ceux qui font du théâtre, en offrant des cours, des stages ou des ateliers de formation [1].

À ses débuts, la troupe propose des créations collectives portant sur la réalité des Franco-Ontariens et teintées d’affirmations politiques, comme en témoignent Les murs de nos villages (1979), ou encore Protégera nos foyers et nos…, un projet financé par l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) et créé à l’occasion de la crise scolaire de Penetanguishene en 1979. Au fil des saisons, la Vieille 17 multiplie les projets de développement, mais l’échec de la fondation d’un « centre de ressources techniques régional » à Rockland [2] aura pour conséquence le déménagement de la compagnie à Ottawa en 1984, là où elle se professionnalise selon des normes québécoises. La Vieille 17 transforme alors son mandat, passant d’une troupe vouée à la « tournée en région » à une compagnie axée sur la recherche théâtrale et dont le regard est davantage tourné vers une reconnaissance montréalaise. Le déménagement coïncide également avec le changement de structure : Robert Bellefeuille devient officiellement le directeur artistique de la compagnie [3].

Depuis sa fondation, la Vieille 17 s’est taillé une place de choix dans le paysage de la création théâtrale au Canada. Elle est à l’origine de plusieurs créations qui font maintenant partie du répertoire théâtral franco-ontarien (Profil, [s.d.]).

Avec plus d’une soixantaine de créations originales, tant pour adultes que pour enfants, la Vieille 17 a su se démarquer par l’excellence de ses productions et a rapidement reçu la reconnaissance, en gagnant des prix prestigieux comme le prix Chalmers de la meilleure pièce canadienne pour enfants en 1984 pour Le Nez (Ibid.), le premier prix important remporté par une compagnie franco-ontarienne.

En 2006, Robert Bellefeuille quitte la direction artistique après avoir occupé ce poste durant 25 ans. Redynamisée par l’arrivée d’Esther Beauchemin, la Vieille 17 produit aujourd’hui des spectacles pour enfants et pour adultes, développe de nouveaux textes, continue à coproduire avec des compagnies franco-canadiennes et québécoises, tout en proposant des activités d’animation théâtrale. En effet, à travers divers projets tels Tassez-vous, on joue! et Lire et délire, la compagnie offre de la formation aux comédiens et aux troupes amateurs de l’Ontario français (Projets : lire et délire, [s.d.]).

 Jean Marc Dalpé, Vivianne Rochon, Roch Castonguay, Robert Bellefeuille, Anne-Marie Cadieux et Hélène Bernier.

Figure 1 – Le second collectif de la Vieille 17. De gauche à droite : Jean Marc Dalpé,

Vivianne Rochon, Roch Castonguay, Robert Bellefeuille, Anne-Marie Cadieux et Hélène Bernier.

Source : Théâtre de la Vieille 17.

 

 Robert Bellefeuille, Jean Marc Dalpé, Roch Castonguay, Lise L. Roy.

Figure 2 – Les murs de nos villages, 1979-1980. De gauche à droite : Robert Bellefeuille, Jean Marc Dalpé, Roch Castonguay, Lise L. Roy. Photo : Martin Delisle.

Source : Théâtre de la Vieille 17.

 

Figure 3 – Affiche de la création collective Les murs de nos villages, présentée par le Théâtre de la Vieille 17, Rockland, Ontario, [après 1979].

Figure 3 – Affiche de la création collective Les murs de nos villages, présentée par le Théâtre de la Vieille 17, Rockland, Ontario, [après 1979].

Source : Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Théâtre-Action (C64), M49.77.

 

Figure 4 – Affiche de la pièce Hawkesbury Blues, texte de Jean Marc Dalpé et Brigitte Haentjens, présentée par le Théâtre de la Vieille 17, Rockland, Ontario, vers 1981.

Figure 4 – Affiche de la pièce Hawkesbury Blues, texte de Jean Marc Dalpé et Brigitte Haentjens, présentée par le Théâtre de la Vieille 17, Rockland, Ontario, vers 1981.

Source : Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Théâtre-Action (C64), M49.15.


SOURCES

Profil : théâtographie ([s.d.]). Sur le site Théâtre de la Vieille 17, [http://vieille17.ca/] (14 juillet 2013).

Projets : lire et délire ([s.d.]). Sur le site Théâtre de la Vieille 17, [http://vieille17.ca/] (14 juillet 2013).

ARCHIVES

Université d’Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française

 Fonds Théâtre de la Vieille 17, C142



[1] « Communiqué de presse, Jean Marc Dalpé au nom de l’équipe de la Vieille 17 », 1979, Université d’Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Fonds Théâtre de la Vieille 17, C142-1/9/9.

[2] « Programme Canada au travail, projet d'un centre régional de ressources techniques, principalement de la correspondance, le formulaire de demande, le dossier de présentation et des notes manuscrites », 1983-1984, Université d'Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Fonds Théâtre de la Vieille 17, C142-1/5/20.

[3] « Procès-verbal de la réunion du 25 mars 1985 », 1985, Université d’Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Fonds Théâtre de la Vieille 17, C142-1/7/16.

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