Dictionnaire analytique du théâtre de Voltaire

Responsable : Dominique Lafon

La production théâtrale de Voltaire ne compte pas moins de cinquante-deux-pièces, alors que Corneille nous en a laissé à peine trente-trois et Racine douze. Si certaines de ces pièces eurent un retentissement considérable au XVIIIe siècle, elles sont aujourd’hui presque complètement oubliées, sinon jugées, sans autre forme d’examen, comme la partie négligeable, parce que périssable, d’une oeuvre par ailleurs éternelle. Cet indulgent mépris se traduit dans la part infime qu’accordent au théâtre les bibliographies recensant les ouvrages critiques consacrés à Voltaire. Ces études ne s’attachant, en général, qu’à l’examen thématique d’une ou de quelques pièces, l’analyse dramaturgique exhaustive du corpus théâtral voltairien reste à faire.

La première étape de cette analyse consiste en l’établissement d’un relevé systématique des composantes formelles de toutes les pièces sur le modèle du Dictionnaire analytique des oeuvres théâtrales du XVIIe colligé par Marc Vuillermoz. Ce relevé constituera la matière d’un dictionnaire analytique du théâtre de Voltaire.

Le théâtre de Voltaire se situe à la jonction de deux esthétiques dramaturgiques; classique attardé, ses plus grands succès lui sont inspirés par la thématique tragique. Tel oedipe qui fut joué quarante-cinq fois consécutives devant un public enthousiaste. De plus, toute une partie de son oeuvre fait l’éloge du classicisme : de ses Commentaires sur Corneille au Siècle de Louis XIV. Néanmoins il innove, tente de renouveler le genre tragique par des «effets», des coups de théâtre qui font de lui une sorte de précurseur, maladroit sans doute, d’une théâtralité plus spectaculaire qui annonce les rebondissements pathétiques du mélodrame bourgeois de la fin du siècle. Ce sont les modalités de cette transition que formalisera cette recension, puis plus largement une analyse approfondie qui fera l’objet d’une étude ultérieure.

 

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